"Cette grève de la faim, nous la mènerons jusqu'à son terme"Onze étudiants de l'université Toulon-Var ont entamé une
grève de la faim ce 18 mai pour protester contre la réforme LRU. Vincent Ansossi, un des grévistes, nous explique son action.
Pourquoi cette grève de la faim?Nous voulons l'abrogation de la
LRU et de tous les décrets qui en découlent. Nous souhaitons aussi que seul le premier semestre compte pour le passage en année supérieure, c'est à dire la neutralisation du second semestre. Ces mouvements durent depuis
quinze semaines, et à conditions exceptionnelles, il faut des mesures exceptionnelles.
Ne prenez-vous pas en "otage" d'autres étudiants qui souhaiteraient la fin du mouvement?On ne perturbe pas grand monde à part nous-mêmes. Lors de la dernière assemblée générale, la semaine dernière, 75% des gens ont voté pour la neutralisation du semestre. On n'est pas non plus inconscient, si demain la neutralisation est votée, on sera les premiers à appeler à la reprise immédiate des cours.
Ne craignez-vous pas pour votre santé?Si je vous disais le contraire, je vous mentirais. Mais on est suivi par la médecine préventive de l'université. Des organismes familiers de ce type d'action nous ont également donné des conseils. Cette grève de la faim, nous la mènerons jusqu'à ce qu'on obtienne satisfaction. Pour l'instant, tout va bien mais peut-être que dans une ou deux semaines, ça sera une autre histoire.
Une direction attentisteJoint par LEXPRESS.fr, le président de
l'université de Toulon-Var, Laroussi Oueslati, fait part de son inquiétude: "Je reste très vigilant. J'ai d'ailleurs demandé aux médecins d'être attentifs et de surveiller leur état de santé. "
Laroussi Oueslati exclut, "pour le moment" tout recours à la force policière "Je suis sur un principe de prévention et de précaution, assure-t-il. Ces étudiants grévistes s'inscrivent dans une logique extrême et passionnelle. Sur un effectif de 10 000 étudiants, seulement 11 sont en grève de la faim, or, la majorité d'entre eux souhaitent avoir des diplômes de qualité."
Le président de l'université dit comprendre le mouvement des étudiants sans toutefois soutenir une action aussi radicale que la grève de la faim. Quant à trouver des solutions à la crise qui dure depuis 4 mois, celui-ci estime que ce n'est pas de son ressort: "J'ai dénoncé la loi LRU mais c'est une prérogative des parlementaires que de voter ou non en faveur de cette loi, pas la mienne".
La source ici:
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/education/cette-greve-de-la-faim-nous-la-menerons-jusqu-a-son-terme_761328.htmlLa Sorbonne vote le déblocage - L'expressEnseignants et étudiants ont voté, lors d'une assemblée générale douloureuse, le déblocage de Paris IV-Sorbonne, l'une des facs emblématiques de la contestation universitaire. Six autres universités restent bloquées.
Les universités parisiennes en pointe de la contestation universitaire depuis quatre mois, dont l'emblématique Paris-IV Sorbonne, ont voté ce mardi dans la douleur le déblocage, pour permettre la tenue des examens, mais six autres dans le pays restent bloquées.
A l'issue d'une assemblée générale houleuse, enseignants, étudiants et personnels de Paris-IV ont voté la reprise des cours à partir de lundi prochain et la tenue des examens dans la semaine du 22 au 26 juin, comme l'avaient décidé auparavant la direction de l'université et ses trois conseils.
"Les sujets et questions posées (lors des examens) devront porter sur les contenus des cours et travaux dirigés effectués dans des conditions normales d'enseignement", ont décidé ces conseils.
La session d'examens enterrinée
Quelques heures auparavant, l'AG de Paris-I Tolbiac avait voté le déblocage dans des termes similaires, tandis que celle de Paris-III avait entériné le déblocage mais jusqu'au 3 juin et les examens dès la semaine prochaine.
Ces décisions importantes, notamment à Paris-IV Sorbonne, bastion du mouvement universitaire dont le président Georges Molinié est lui-même un opposant aux réformes gouvernementales, ont été prises dans la douleur. La direction n'a entériné la session d'examens que parce que les solutions alternatives envisagées se sont "heurtées au refus de l'administration ministérielle", selon les conseils.
Dans une motion approuvée à la quasi-unanimité, ceux-ci ont "condamné avec la plus grande fermeté les attaques indignes" dont M. Molinié "fait l'objet depuis plusieurs jours" et qui "portent atteinte à l'institution universitaire elle-même".
Interrogé à ce sujet, l'entourage de la ministre Valérie Pécresse a expliqué que celle-ci avait demandé aux recteurs de "rappeler la loi et le Code de l'éducation, à savoir qu'il n'y a pas de diplômes sans examen ni rattrapage", mais aussi d'aider les universités à organiser des cours et des examens, notamment en trouvant des locaux.
"Réformes incriminées"
Parallèlement, personnels et étudiants de Paris-III ont voté la tenue des examens la semaine prochaine, mais en débloquant l'université seulement jusqu'au 3 juin et en exigeant toujours le retrait des "réformes incriminées".
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